🇲🇽 Sayulita 🇺🇲 Los Angeles 🚌 En bus


Dimanche 18 juin


On paie 500pesos à deux le trajet jusqu'à Tepic où nous attend le bus Tepic-Navojoa 

Il y a un changement de timezone dans le bus : 2h30 de trajet, heureusement, ça nous laissera le temps de diner à Tepic avant le bus de nuit.
On cherche dans les restaurants autour ce qu'on peut trouver de végétarien et on finit dans un restau argentin où on trouve des pâtes au fromage au milieu de toutes les grillades ! 

Le bus de nuit se passe bien jusqu'à ce qu'on nous dise de descendre, fouille des sacs à mains.... Ça ne dure pas longtemps, ils ne fouillent pas à 100% à vrai dire.
Ensuite c'est quelques kilomètres plus loin, en plein dans notre sommeil, à un stop dans un terminal de bus qu'on nous demande de descendre 30 minutes... Et on voit le bus s'en aller 😬 nos valises sont dedans... On ne sait absolument pas ce qu'il se passe. 

Lundi 19 juin 

Quand il revient, on monte, le bus sent le déodorant pour toilettes à fond, les vitres sont propres. Un car-wash visiblement... Bon, on remonte. On continue la route.

A 10h30, on devrait être bientôt arrivés. Des flics avec foulard camouflage sur la bouche arrivent, on nous demande les passeports quand un flic derrière eux farfouille les sièges avants. On lit "Agencia de investigación criminale" sur un tee shirt. On nous demande les passeports, on voit les passagers de notre gauche glisser un billet plié dans la main du flic, le regard apeuré. Vient votre tour, euh, dépourvu de cash, on a que 20 pesos, l'équivalent d'un euro. On est un peu stressés parce qu'on entend des bruits de visseuses, les autres flics cherchent quelque chose dans le bus, ça démonte les lampes, fouille les rideaux, les coutures des sièges, on doit se lever : inspection des côtés du bus. Après c'est les toilettes, ça dure un temps fou, ça continue de démonter des trucs derrière nos sièges... On ose pas trop regarder mais on comprend pourquoi le bus est dans un si mauvais état maintenant. Nous sommes entre l'Etat de Sinaloa, connu pour son cartel ultra-violent et celui de Sonora, frontalier avec les Etats-Unis. On se demande si la pause carwash n'était pas plutôt une occasion de cacher des drogues dans le bus à l'insu des passagers... Le fait que les agents fouillent avec tant de persévérance semble indiquer que c'est quelque chose de courant..
45 minutes plus tard on continue enfin notre route ! 




Après 10 minutes de route, déjà un autre contrôle... On descend toutes nos affaires, on récupère nos sacs en soute, on passe au scanner. Il y a des vendeurs de chips, gâteaux, coca et autres délices. On va quand même pas laisser une opportunité de faire du petit business ! On récupère les affaires, on remet nos sacs en soute, on remonte.



5 minutes après, une sorte de péage, un flic monte, aller-retour dans le bus, la soute s'ouvre, se referme, on repart.

15 minutes après : nouveau contrôle des passeports. Même sketch du démontage du bus, sans doute est-on passé dans l'Etat suivant.  Cette fois-ci, on a un peu plus de chance que nos voisins de sièges, des indiens à qui on demande à nouveau de l'argent avec le signe de la main 🤌🏾


Leurs sacs à dos, les chaussures sont inspectées, les poches du blouson, de la banane, il sont fouillés vraiment minutieusement et les militaires gardent tout l'argent qu'ils trouvent. C'est très malaisant, même si on sait qu'on ne risque pas grand chose à part perdre de l'argent, la tension est palpable.  
On demande à Coti de montrer son sac, ça va être notre tour... Mais il n'y a que Luis qui se fait fouiller, le flic fait le signe 🤌🏾. Mais non, on n'a plus d'argent monsieur, on a tout donné à ton collègue précédent (oui on se rend compte à ce moment qu'on a pas donné 20 mais plutôt 500 pesos au précédent). Il tâte le torse, lui demande de dézipper sa polaire, passe les doigts sur l'élastique du caleçon, les jambes. Il est visiblement agacé et tente de nous faire peur pour qu'on lui donne de l'argent. Et honnêtement ça fonctionne, on n'en mène pas large mais on sait qu'on a plus d'argent, donc on ne peut que attendre que ça passe, en silence. Il finit par demander si on est français. On a envie de lui dire que vu qu'il vient de checker nos passeports, il devrait avoir cette information, mais l'heure n'est pas à jouer au plus malin, on dit simplement oui.  La fouille s'arrête illico et ils repartent. 

Le trajet devait durer 13h à la base et en pris plutôt 15 ou 16, à  cause de ces nombreuses et longues séances d'inspection du bus. On se pose plein des questions sur ces fouilles, et ces militaires corrompus, est ce qu'ils sont à la solde des cartels ? Est-ce qu'ils sont simplement en position de pouvoir et en profitent pour s'enrichir sur les touristes américains qu'ils considèrent comme riches ? Que se passerait-il s'il trouvaient de la drogue cachés dans le bus,  est ce qu'on serait inquiétés ? 

On arrive finalement à Navojoa, petite ville du sud de Sonora, sur la route qui descend des Etats-Unis. On est bien loin des zones touristiques et ça ce sent. Il fait 42°C, c'est poussiéreux et on sent que le niveau de vie à bien baissé. On est stressés après cette fin de trajet et on décide de prendre directement un taxi pour aller se réfugier à l'hôtel. Il ne nous reste pas beaucoup de cash, Coti retrouve 40 pesos, donc on propose ce tarif au taxi qui dit ok, puis nous demande 60 en arrivant en disant que c'est le prix. On lui dit qu'on a bien dit 40 au début et que de toute façon c'est tout ce qu'il nous reste après que les militaires nous ont tout pris. Il est agacé mais accepte et nous voici enfin à l'hôtel. 


C'est de type motel, assez beau en parties communes, moins sur la façade des chambres mais c'est des bons lits, la clim, et avec la chaleur qu'il fait, pour une fois on va s'en servir. 
Luis cherche dans son sac a dos et tombe sur .... 2500 pesos ! On rigole, au moins ça que les militaires n'auront pas ! On entreprend tout de même de le cacher à droite à gauche dans nos valise au cas où le trajet du lendemain est de nouveau semé d'embûches...

On va dîner a l'hôtel, on demande spécifiquement ce qui est végétarien et on nous amène deux assiettes avec du poulet, la serveuse fait mine de ne pas comprendre. Tant pis, on préfère manger de la viande que de gaspiller. Coti insiste quand même pour laisser du poulet dans l'assiette pour faire passer un message ! 



Mardi 20 juin 


Départ du bus Tufesa à Navojoa 14h50 
On a un bus rempli de mexicains, il n'y a aucun touristes. On se prépare mentalement au racket sur le même schéma qu'hier... Mais 5h30 de route plus tard, aucun flics n'est monté dans le bus !
On s'arrête pour un contrôle des valise et sacs à mains à 20h15. Tout est beaucoup plus fluide et beaucoup moins effrayant. 
On change de bus à Nogales, près de la frontière, le confort est équivalent et on repart assez rapidement.
A 23h30 on arrive à la douane des Etats Unis ! WoopWoop !
Le chauffeur nous demande si on a besoin d'un permis. On comprend pas trop on demande de répéter, il demande si on parle espagnol. On finit pas dire qu'on est pas des États-Unis et qu'on a l'ESTA. Il faudra aller faire tamponner les passeports au poste. 
C'est noté. Aussi il énumère les choses interdites et nous regarde "Tienen frutas?" (Vous avez des fruits?) Oui... Il précise "manzana, banana, naranjas ?" (Pomme, banane, oranges?) C'est quasi un triplé gagnant quand on lui répond qu'on a des pommes et une bananes et même des raisins 🤓😅 il les prend et les les donne rapidos par sa fenêtre à quelqu'un avant de passer les portiques de la douane en bus.  
On est très surpris parce qu'il n'y a aucune attente et très peu de monde a la frontière. On s'attendait à a un bordel monstre, mais tout est calme et efficace. On apprend en discutant qu'ils ont ouvert récemment la frontière de nuit et que c'est bien plus rapide comme ça.


On nous descend les premiers et on passe devant 2 douaniers qui prennent les photos. Le mec dit à la femme qui demande qu'on est français, que c'est noté sur le passeport qu'elle tient à la main 😁 il est minuit moins des brouettes, elle doit être fatiguée ! Il nous demande ce qu'on faisait au Mexique aussi... Il semble ne pas comprendre ce qu'on faisait là. A croire que c'est pas courant de voir 2 français passer cette douane. En effet je pense qu'on est pas beaucoup à décider de ne pas prendre l'avion pour un trajet pareil.
On rejoint les bureaux et on récupère les tampons : ça va super vite, il faut dire que Luis a fait tout le travail en amont la veille (dernière minute aussi un peu qui nous aura valu un coup de chaud, des théories potentielles sur un décalage d'une journée de notre programme si l'ESTA mettait du temps à nous être accordé) et donc la nana au bureau, tamponne tout ça rapidos en marchant son chewing-gum bouche ouverte. Pas une question sur ce qu'on vient faire aux US, pas du tout les même qu'à l'aéroport ! 
On revient au bus et nous voilà sur le sol américain 🇺🇲✊🏾 on l'a fait !

Un super bon plan à la frontière dans les avis Google ! "C'est super facile de transiter de la drogue ici. En allant à la 5ème file en partant de la gauche il y a un policier Mexicain du nom de Garcia qui peut vous aider. J'ai apporté comme ça 30 kilos de Marie-Jeanne la dernière fois et il a simplement demandé 5000 $"


Mercredi 21 juin

On retourne dans le bus et on roule à travers la villes de Tucson, où on change de bus à nouveau (un bus plus aux normes américaines, avec un espace handicapé, notamment). C'est la nuit donc on dort beaucoup. On passe aussi Phoenix et au petit matin on arrive en Californie. On fait une pause dans une station service : Coachella. Au bord de l'autoroute, ca n'est pas aussi glamour que le fameux festival.  
Les paysages sont tout de même assez jolis on traverse des régions avec de belles montagnes (Joshua Tree, San Bernardino forest). On finit par arriver à Los Angeles, on est vraiment impressionnés par le nombre de vagabonds autour de nous. On descend du bus, la température est agréable, on ne sait plus trop dans quelle langue s'adresser avec l'agent qui nous remet nos sacs à dos. l'Amérique latine, c'est fini !



Conclusion

Plus de 40h de bus en 4 jours. 2700km parcourus ainsi. En comparaison, l'avion qui aurait pris 7h ou 8h porte-à-porte aurait émis environ 700kg de C02 équivalents de plus pour nous deux. Le pire dans tout ça, c'est que l'avion n'aurait même pas été beaucoup plus cher ... Comme quoi polluer moins n'est pas forcément récompensé, surtout quand on parle de l'aviation, qui est exemptée de bien des taxes.
Ca a été une grande réflexion de faire ce trajet en bus plutôt qu'en avion. C'était loin d'être une partie de plaisir, et certains moments ont été effrayants. Mais au moment où on écrit ces lignes quelques semaines après, on n'a aucun regret. Nous sommes partis en voyage en partie pour l'aventure, et nous avons été servis ! 
Par ailleurs, même si les villes de Navojoa et de Tepic n'avait aucun intérêt touristique, regarder les paysages défiler depuis un bus permet de prendre la mesure du paysage et des gens qui changent progressivement alors qu'on avance. On a aussi l'occasion aussi d'échanger un peu avec nos compagnons de voyage, il y en a même un qui nous à offert de la nourriture. Il y à certainement un gros travail à faire pour rendre les trajets en bus plus désirables que l'avion. 
Après ce voyage on a l'impression que le pire qui puisse nous arriver c'est d'avoir des histoires à raconter !

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