La forêt de Lacandona - Mexique 🇲🇽
Lundi 22 mai
Trajet mission depuis Xpujil. Un bus à 4h, la clim à fond, tout le monde est sous sa couverture et dort. On se demande pourquoi il y a cette clim de folie si personne n'a l'air de s'en réjouir. Surtout qu'elle va nous rendre malades (à quasi chacun des trajet!)
Après on arrive à Palenque, à côté de la fameuse tête maya, au centre d'un rond point au fort traffic.
On est à deux pas de l'autre arrêt de bus qui va nous amener dans la jungle, près de la frontière du Guatemala mais avant ça on doit faire un gros détour pour retirer de l'argent et passer en pharmacie.
On passe du terminal ADO, flambant de propreté à un terminal plus conventionnel, coincé entre des baraques en palettes. Une femme derrière un bureau, installée là, nous vend deux tickets. Une autre passe avec plein d'"aguas" différentes, on va tenter le pozol... C'est très "rico" (riche et lourd!), C'est une boisson típica de la región du Chiapas (à base de maïs, de cacao, de sésame. Un repas-boisson en somme!)
Un bus nous approche de la jungle, on voit défiler des monticules de forêts, des champs, des vaches et des vendeurs en tout genre. À l'approche des villes, des dos d'âne tous les mètres. C'est un long trajet mais il est divertissant, on aperçoit même une femme sur le côté de la route qui, chargée de "frescos", court à nous quand le chauffeur décide de s'arrêter lui en prendre un.
Après une fraction de route pleine de ralentisseurs, on se fait déposer au milieu de la route, un taxi est pas loin, une femme et son gamin, il reste encore un peu de chemin avant de rejoindre notre hôtel de ces deux prochaines nuits, le Campamento Lacandones.
La rivière Laconda au pied du campamento
Repos mérité en arrivant. On se couvre le soir pour ne pas se faire piquer par les mouches de la jungle, elles ont une couleur or et noir, plutôt jolies mais elles ne semblent pas craindre notre anti-moustique spécial jungle 😅
Mardi 23 mai
Aujourd'hui on fait une balade dans la jungle, "la selva" ! Et sans guide. Luis a installé deux applis qui nous permettrons de nous réparer dans les divers chemins de cette jungle.
La marche est agréable, malgré les mouches insistantes par endroits (surtout au début car nous sommes proches des cultures et habitations).
La première étape est la cascade de Golondrinas qui est magnifique et qu'on a pour nous deux. Il y a un jeune a côté a qui garde le coin et qui nous dit qu'il vaut mieux avoir un guide pour aller voir le temple parce que le chemin se sépare en 2 puis en 6 puis en 7,...
On profite un peu de la cascade, puis on voit arriver un groupe de femmes qui sont au campamento avec nous avec une guide. On leur demande si elles arrivent du temple ce qu'elles confirme et on décide d'y aller par nos propre moyen, on a le point gps donc ça ne devrait pas être trop compliqué. Effectivement il n'y a pas vraiment de croisements et en suivant régulièrement notre point gps on peut vérifier qu'on est dans la bonne direction.
Sur le chemin des tas de maisons de bois pour oiseaux ce qui nous rassure, mais nous interroge un peu aussi... La guide du lendemain nous dira qu'il y en a des centaines, fabriquées par tout le village, pour favoriser la reproduction des espèces. On ne voit pourtant aucun nid dedans !
On voit tout plein de lézards, basilics, libellules, des cigales bleues aussi, on entend plein d'oiseaux invisibles également. On traverse des ponts plus ou moins solides... La végétation, les arbres sont splendides, centenaires..
On s'enfonce encore un peu jusqu'aux vestiges du temple sacrificiel.
Après ce temple, quelle surprise...! On tombe sur une petite "tienda" (boutique) tenue par une femme. Robes, attrapes-rêves, bijoux, petites sculptures. On trouve un peu de tout !
On continue et on voit des plantations avec sacs plastiques, ce sont en réalité des futurs arbres, balisés, pour compenser les arbres coupés de façon un peu sauvage par beaucoup des habitants nous dira la guide le lendemain.
La sortie de la jungle est quant à elle plus chaotique.. on a du mal à trouver une sortie plutôt normale alors elle se fait par une ferme !
On a faim une fois notre balade de 6h terminée. On passe devant une taqueria qui semble fermée, "Hola, ¿Son abiertos?" lancé.. On ne sait jamais ! Une femme nous accueille avec sa fille et nous propose des tacos, des quesadillas et de la limonade pour trois fois rien. Elle nous propose le légume de la selva, le cha'pay (une palme qui ressemble à un épi de maïs fin et blanc).
Sa fille veut nous vend deux bracelets et le ventre plein, on rentre, épuisés, se reposer à l'hôtel.
Vient le soir, Coti reste en short et commet l'erreur suprême...elle se fera bouffer par les mouches (genoux, pieds -dessus, sur le côté, en dessous). Ça gratte fort les jours suivants. Il est impossible de ne pas se retenir. L'erreur de débutant dans la jungle 😱
Mercredi 24 mai
On part faire une balade matinale avec une guide. On a décidé de partir très tôt à 7h du matin sur le conseil de notre hôte, pour voir les oiseaux. Daniella notre guide est très peu bavarde et on tente de lancer la conversation qui retombe assez rapidement. On marche un peu sur la piste puis on arrive dans la jungle on pose quelques questions sur les plantes, mais on voit et entend très peu d'oiseaux ! C'est quand même très joli de marcher dans la jungle avec le soleil rasant qui passe sous les arbres.
On arrive très vite au premier point d'intérêt : Corcho Negro C'est une cascade, plus petite que celle de la veille mais très jolie avec les troncs d'arbres et les végétaux emprisonné dans le tuf, comme une oeuvre d'art naturelle. On pousse un peu plus loin jusqu'à voir une petite cenote (un trou d'eau circulaire assez profond) qui n'est pas aussi impressionnante que sur les photos. C'est normalement l'endroit de baignade mais comme il est si tôt il fait encore un peu frais et on passe quelques minutes à observer la rivière et les sculptures de tuf.
On se dit quand même qu'on a eu de meilleurs guides et qu'ils doivent savoir renouveler leur fonction... S'il s'agit juste de trouver le chemin, n'importe qui peut le faire seul, et avec le gps des téléphones il est difficile de se perdre même dans la jungle.
On aime quand même faire les excursions avec des guides car ils ont souvent beaucoup d'informations à partager et sont capables de repérer mes animaux et les plantes mieux que nous. Ce coup-ci honnêtement, notre balade sans guide de la veille était beaucoup plus riche, on a vu plus d'animaux entendu plus de choses. On a à peine pu en apprendre un peu sur Daniella et sa vie ici, ce qui nous a laissé un petit peu frustrés, mais on se dit aussi que c'est bien de contribuer à l'économie locale en payant un guide.
A la sortie de la jungle on passe par une maison où se trouve un singe araignée en cage... C'était un bébé quand la famille l'a recueilli pour le sauver des prédateurs soit disant... En tout cas il est en âge de retourner dans les arbres.
On rentre et on se fait un bon petit déjeuner. On a le reste de la journée pour rejoindre Palenque, d'où on doit prendre un bus de nuit a 22h pour San Cristóbal de las Casas. On retourne à notre petite taqueria pour le déjeuner. La mère et sa fille sont tout sourires en nous voyant arriver (il faut dire que la saison touristique est terminée et qu'en terme de restaurants on est très limités -celui de l'hôtel étant axé poisson et viande-). On en profite pour écrire nos cartes postales achetées au Nicaragua. Certes, c'est tout de même 4 pays qu'on a traversé depuis, mais ce qui choque plus encore que ça, ce sont les questions que nous posent ces petites femmes. Elles nous demandent ce que c'est. On leur parle de notre voyage, des paysages que l'on peut voir sur les cartes postales. On demande à la mère si elle a été au Guatemala à 30km d'ici et elle nous dit qu'elle n'y a jamais été, dédiée à sa vie ici mais qu'elle a vu des images. Elle nous demande si la Colombie est au Guatemala et on leur explique à qui on écrit ces cartes, quels sont les paysages qu'on voit. Pour les remercier des deux bons repas on leur écrira un petit mot sur une des cartes qu'on leur laissera, signée "Coti y Luís, los franceses".
On prend un taxi depuis la "selva", qui nous amène à l'intersection où on trouvera le bus pour Palenque, qui passe par là.
Sur la route, il y a toujours tous ces ralentisseurs au niveau des villages, des pancartes indiquent "Se vende gasolina, ropa y pollo" (on vend de l'essence, des habits et du poulet). Après 3h30 de route, nous sommes de retour à Palenque.
Conclusion
Cette excursion dans la jungle est la dernière excursion un peu sauvage pour nous en Amérique centrale avant d'aller dans les montagnes puis sur la côte. On a aimé prendre un peu ce temps pour voir ces jolis paysages, heureux aussi de les avoir découverts par nous-même aussi mais en ce qui concerne la culture de la région, ça n'est qu'à San Cristobal qu'on en apprendra davantage grâce à musée Na Bolom, quelques jours plus tard !
Un basilic qui tente de nous impressionner
Ah ! Vous êtes bien organisés pour l’aventure !! C’est pratique les téléphones intelligents !! Toutes ces images sont très dépaysantes …!! Merci de Flo
RépondreSupprimer