Ometepe - 🇳🇮 Nicaragua

Sur le volcan Concepción, et Maderas devant nous

Lundi 13 mars 

Depuis El Gigante on prend le bus pendant une petite heure pour rejoindre Rivas. 
Ensuite, on prend le taxi pour San Jorge (où se trouve le ferry pour Ometepe), et ce taxi c'est 1$ pp soit 40 NIO chacun. Mais l'astuce c'est d'aller un bloc après la gare (le pharmacien nous a renseigné !) et on évite cette cohue et les propositions attrapes-touristes (5 $ pp par exemple).
Au ferry, on paie l'entrée 36 NIO - 1$ pp et une fois dessus, 50 NIO pp.



Nous arrivons à Ometepe, un bus direction El Quino et nous voilà chez Orfiria et Jorge, nos hôtes durant tout le séjour, ce sont des professeurs d'école retraités qui accueillent des étrangers mais aussi des locaux chez eux, dans deux cabanons (un pour deux personnes et un autre familial avec 4 lits). C'est leur fils Jorge junior qui s'occupe du Airbnb pour eux.

Un Hershey se trouve sur cette photo 

Mardi 14 mars 

On décide de louer un scooter pour les prochains jours car c'est le moyen le plus efficace de se déplacer sur l'île. On ne prend pas les chemins les plus faciles mais notre scooter tout terrains passe partout ! En plus, on se le fait livrer directement à la maison, et on  négocie à 15 $ par jour durant 4 jours.

On visite le Nord de l'ile et réserve naturelle de Charco Verde. Mis à part deux vues sur les volcans de l'île et un peu de flore et la serre aux papillons, on a vite fait le tour !
Mais on voit tout de même quelque fleur étrange !

La vue sur Concepcion

La vue sur Maderas

Une aristoloche géante prête à éclore
A notre retour on fait une mousse au chocolat pour remercier ce gentil couple de nous avoir fait un bon dîner hier, puis Orfiria nous montre comment faire des véritables "tostones" ou "patacones" dans le noir (l'électricité saute souvent le soir!)


On déguste le chocolat Hershey qui reste de la mousse au chocolat. Le chien est nommé d'après cette marque en raison de sa couleur. Le professeur Potoy lui donne un petit bout de chocolat, et on comprend vite pourquoi on dit toujours qu'il ne faut pas en donner aux chiens : Hershey devient complètement foufou et court autour de la maison. Coti essaie de le calmer en lui parlant doucement. 

Calmate Hershey, calmate !

Mercredi 15 mars

Aujourd'hui c'est l'ascension du Volcan Maderas. Il y a plusieurs chemin possible et nous avons choisi de partir par El Porvenir car il y a apparemment moins de monde et des points de vues spectaculaires. On pose la moto et on se retrouve sur début de chemin avec 2 ouvriers qui sont en train de construire une maison pour un "gringo" qui vient cultiver oranges et avocats sur le flanc du volcan. Ils nous indiquent un "raccourci" on parle un peu de football et de Mbappé et puis il nous indiquent comment aller en haut : "toujours tout droit".


On connaît tous le profil d'un volcan : ça monte de plus en plus progressivement jusqu'au sommet. Aussi le début de la randonnée nous semble a peu près accessible. Mais petit a petit non seulement ça monte plus, le chemin est de moins bonne qualité, et l'humidité s'installe. Or quand il fait chaud et humide, notre transpiration n'effectue pas son rôle de refroidissement car elle a du mal à s'évaporer. On transpire donc à grosses grosses gouttes ! On comprend pourquoi on nous a conseillé d'apporter 3L d'eau chacun.

Recto verso


On est tout seuls dans la jungle ce qui nous laisse l'opportunité de repérer des petits animaux et d'en entendre de plus gros. On pénètre successivement dans le royaume des bruyants geais bleus, des perroquets, puis des singes hurleurs qui sont apparemment pas contents de nous voir chez eux. Les singes en particulier nous font bien peurs car ils crient très fort et s'approchent sans qu'on ne puisse les voir ! 

Des arbres des plus incroyables

On continue de monter et les difficultés continuent d'augmenter, des marches assez hautes qu'il faut escalader, des arbres en travers du chemin qu'il faut contourner, de la boue qui colle sous les chaussures. On finit par croiser le chemin de deux Suisses qui arrivent par l'autre côté. On se trompe de chemin car au bout d'un moment on les entend en bas du cratère. On redescend donc et on arrive au lac. C'est super paisible et on se fait une bonne pause pour déjeuner, prendre des photos et se reposer dans la pelouse. 
Puis on repart sur un autre chemin pour remonter qui s'avère être celui sur lequel on s'était trompés plus tôt. De là on a des points de vue assez exceptionnels : on peut voir le lac du cratère et en arrière plan le grand lac Nicaragua - un lac dans un lac ! 

Le lac du cratère en descendant
Pause tranquille au bord du lac 


Le lac dans le lac, en remontant

La redescente se fait en compagnie de nos deux Suisses et d'un Allemand accompagné de son guide. On va un peu vite et on se prend quelques gamelles a cause de la boues et des racines, mais pas de gros bobos, on se marre bien ! On arrive au point de vue sur le volcan Concepcion et tout est dégagé , c'est splendide.

La vue sur le volcan conception : notre prochaine cible 

On galère un peu à retrouver notre chemin sur la fin car on ne prend pas le raccourci des ouvriers.

Au final c'était une plutôt une très grosse randonnée. Sans doute la plus dure du voyage pour l'instant (comparables au treks de Colombie ou on a plus souffert de l'altitude).


Le profil de la rando avec des zone bien bien raides ! Et le lien Komoot

Un des arbres géants qu'on a croisé

Une jument et son bébé dans le lac 

On rentre, a la recherche d'un petit bar pour un jus de fruit. On tombe de nouveau sur de belles images : des chevaux qui s'abreuvent dans le lac et des femmes qui pêchent.

Les pêcheuses

A notre retour, on prend une douche puis on fait une petit sieste. On leur raconte l'ascension, ils nous raconte la situation politique terrible ici.

Le président Ortega et sa compagne Rosario Murillo - première ministre - ont peu à peu monté leur dictature. Lui est une figure de la révolution Sandiniste libérale et a d'abord été élu et réélu démocratiquement. En 2018, une réforme impopulaire sur les retraites soulève des manifestations dans le pays. Elles sont réprimées violemment et plus de 300 manifestants tués. S'ensuit une période de flottement où un peu partout dans le pays il y a des luttes et le couple présidentiel affermit son pouvoir en emprisonnant les opposants politiques, en expulsant les ONG internationales et en interdisant tout rassemblement. En 2023, dans une tentative d'apaisement, environ 200 personnes on été libérées et extradées au Etats-Unis, puis dans un coup de théâtre, trahissant l'accord établi, le pouvoir Nicaraguayen à déchu environ 90 de leur nationalité. La population à peur de se révolter, et il y a une incompréhension. Les membres du FSLN soutiennent le pouvoir, peut être plus par loyauté au mouvement que par adhésion idéologique, eux qui ont combattu la dictature des Somoza pendant tant d'années au nom de la liberté, comment peuvent-ils aujourd'hui en soutenir une autre ? 

Jorge et Orfiria, se disent plutôt au centre, mais trouvent la situation intolérable. Ils sont pour la liberté du peuple. D'après eux, le président Ortega qui a pris part au luttes sanglantes pour la liberté, s'est finalement retourné contre son peuple, ivre de pouvoir. 

Nous continuons de parler avec Jorge quand on entend un grand bruit dans le jardin et Orfiria qui appelle : C'est le petit chat Milo qui est tombé dans le puits ! Luis arrive a l'attraper par la peau du coup. Jorge et Orfiria veulent ensuite vider complètement le puits et mettre du chlore, on se passe donc des sceaux à vider un peu partout dans le jardin et sur la poussière.
On finit la soirée par une dégustation de notre mousse au chocolat, qui fait sensation !

Jeudi 16 mars 

Aujourd'hui on ne marche pas ! On fait le tour du sud de l'île en scooter.

Préparation du petit déjeuner 

On s'arrête pour déjeuner à la pointe de l'île devant un arbre superbe, au milieu de l'eau du lac 

On roule pendant un certain temps, c'est de plus en plus rural.
On finit par s'arrêter dans une ferme parce qu'on a vu sur la carte qu'il y a des petroglyphes semi-immergés. Intrigués, on demande à voir, le monsieur nous demande 2$ et nous emmène à travers sa petite ferme. Puis nous montre les dessins sur les rochers. Ils ne sont pas très bien conservés, mais il est capable de nous dire ce qu'ils représentent. C'est un moment un peu drôle parce que le fermier n'a pas grand chose d'un guide touristique, il faut lui poser les question pour chaque rocher afin de savoir que représentent les pétroglyphes. 

Le fermier et les petroglyphes

Petite pause smoothie sur le bord du lac, un bar tenu par un British qui, installé dans un fauteuil sur la route, hèle les scooters pour les faire s'arrêter chez lui !


On décide de s'arrêter voir le coucher de soleil à playa Mango où on rencontre par hasard deux copines du surf camp, Kesha et Franzi !

La route est bordée d'immense manguiers

Avec Franzie et Kesha

Coucher de soleil à playa Mangos

On se met en route vite après le coucher du soleil car Jorge et Orfiria nous attendent pour dîner ! 
On découvre ce soir le "tivio", une poudre de maïs mélangée à l'eau chaude. 

Vendredi 17 mars

On se met en route très tôt pour l'ascension du volcan Concepción. On a rendez-vous avec Dima a 6h30 (on apprendra qu'à la fin que le guide n'est pas Dima et s'appelle Neftalí).


On gare le scooter puis on attaque la montée et on fait connaissance avec notre guide. Il est "engommado" (en gueule de bois), il a fait la fête à "Ojo de agua" la veille (endroit qu'on a décidé de ne pas visiter car trop cher a notre goût). Chose assez étrange, il a deux voix, une voix normale et un voix beaucoup plus aiguë. Ils nous explique qu'il a fait 8 ans dans une équipe spécialisée de la police composée d'universitaires. Il affirme aussi parler 7 langues, point à partir duquel Luis commence à soupconner soit qu'il est mythomane soit qu'il est encore bourré soit un peu des deux. 
 
Ici la végétation est pétrifiée et se met en pause selon les éruptions du volcan

On a attaqué doucement et plus on s'enfonce dans la nature plus on commence à parler des plantes, des minéraux, des volcans et là on voit qu'il maîtrise vraiment son sujet. Il compare Coti a une fleur, puis nous fait manger des fleurs qu'on trouve et la traite de cannibale, tout ça avec sa petite voix. 
Il dit aussi des jais bleus ces oiseaux bleus qui nous qu'on entend partout sur notre chemin, qu'ils sont metrosexuels !

Luis en pleine découverte d'une orchidée avec Neftalí qui nous avoue qu'il est super ému car elle est très rare !

La randonnée est très différente de Maderas, c'est difficile de comprendre comment ça peut être si différent alors qu'on est a quelques km. Le volcan Concepción est actif, la végétation n'a donc jamais le temps de s'installer durablement, de plus la composition du sol est différente. On traverse quand même une petite forêt (pas plus de 5m de haut) et on croise des orchidées et de songes capucins. Puis on sort dans une espèce de lande avec des Aloe Vera géants (que Neftalí surnomment "Tila Tequila") , des orchidées oranges et des bégonias géants, eux aussi. Ça monte très raide mais on se sent plutôt très en forme au début. Pour le guide c'est plus difficile et Luis doit demander plusieurs fois à Coti de s'arrêter pour l'attendre. Mais c'est encore un volcan et ça monte de plus en plus raide donc nous aussi on commence à fatiguer. 
On parle aussi de musique et ces deux reprises françaises qu'il aime bien : "Je l'aime à mourir" version Merengue par Jackito et cette version latino d"Aicha".



Les begonias géants

On finit par carrément sortir de la végétation et là c'est semi-escalade dans les rochers volcaniques pour arriver au bord du cratère. 
Le cratère est vraiment impressionnant, très profond et il y a beaucoup de couleurs différentes. On commence a casser la croûte et on n'a pas vraiment le temps de profiter car on entend un bruit d'éboulement. Ce n'est pas un bruit énorme mais ça suffit pour déclencher une mini panique parmi les 3 guides présents. Ils nous disent "Allez on se bouge, faut pas rester là, l'éboulis peut être un signe du volcan qui se réveille". On part donc fissa, d'autant plus qu'on aperçoit pas loin un essaim d'abeilles africaines, qui sont apparemment très dangereuses. On est vraiment pas les bienvenus ici ! 

Neftali qui commence à se tirer au 2e plan

On le rattrape pour quand même faire une photo fissa (et pas si réussie finalement)

La descente est technique mais rien à voir avec Maderas. On est bloqués derrière une américaine qui a un peu du mal et Coti chute à chaque fois qu'on doit s'arrêter dans la pente sablonneuse. On aimerait aller un peu plus vite. Et on est servis car on finit par arriver dans une pente où il y a beaucoup de sable et on peut courir dans la pente avec une grosse sensation d'amorti !



Quand on rentre, gros déjeuner de récompense :
Orfiria nous régale d'une soupe "frijoles" (haricots rouges qu'ils préparent chez eux et vendent aux passants) avec des œufs mollets, des oignons, accompagnée de Guineos quadrado (bananes sucrées carrées), du riz et de la courgette, on se régale !

On amène Orfiria et Jorge à dîner dans le comedor de leur choix, le Comedor Mirador del Cocibolca, face au "lago" (lac) mais il fait noir quand on y arrive ! On dîne chez un ancien élève et on les pousse à prendre un plat chacun (l'élève leur dira de pas se retenir parce que c'est nous qui payons et il aura bien raison !)

Jorge qui apprend les vitesses à Luis, avec sa moto, qu'il nous prête pour aller au comedor


Samedi 18 mars

C'est l'heure de repartir, on attend sous le perron avec Orfiria et Hershey pendant que Jorge fait le guet avec un parapluie. Le bus est évidemment très en retard mais il tient quand même a ce qu'on reste assis au sec. Quand on monte enfin dans le bus on reste silencieux pendant quelques minutes. On est tous les deux assez émus de quitter Jorge et Orfiria qui nous vraiment traités comme leurs enfants. Et aussi de quitter cette île improbable où on s'est si bien sentis. Ometepe restera sans aucun doute un des coups de coeur de notre voyage !

On aperçoit Jorge au loin avec son parapluie

Commentaires

  1. Superbe !! Toutes ces aventures… ces balades… ces rencontres… bravo

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