Mompos, la ville endormie - Colombie 🇨🇴


Jeudi 22 décembre 2022

Luis
Sur notre trajet entre Medellin et Cartagena, nous avons décidé de faire une étape à Mompox, ou plus exactement Santa Cruz de Mompos. Les Colombiens ont tendance à raccourcir le nom des villes, par exemple Cali est en réalité Santiago de Cali, et Bogotá Santa Fé de Bogotá. 
Au retour de Guatapé nous avions prévu un peu de marge pour le bus de nuit. Temps de trajet prévu 13h, départ à 20h45. Sauf qu'on est le 23 décembre, et qu'il semble qu'un nombre important de Paysas (nom donné aux habitants de Medellín) ont décidé de poser leur vendredi pour aller passer Noël en famille. 


Ici, il n'y a pas de trains, donc pas de problème de grève, il faut soit prendre l'avion (pour les plus riches), soit prévoir un long trajet en bus ou en voiture. Même sachant cela, beaucoup d'entre font le choix d'apporter la moitié de leur maison avec eux. Résultat: la gare routière ressemble à une évacuation de masse. On part de la gare à 22h15, climatisation à fond, et go.




On passe la nuit dans les virages et le froid artificiel, comme pour nous donner l'impression qu'on allait au ski. On émerge petit à petit et les paysages changent, des grandes plaines et bientôt de l'eau un peu partout, de chaque côté du bus : les cienagas. Ce sont des grands lacs d'eau douces formés par le Rio Magdalena qui traverse toute la Colombie du Sud au Nord. Mompox est en plein milieu, de ce réseau de lacs. 


Carte du fleuve Magdalena montrant les barrages hydroélectriques existants et proposés (à gauche), et le système de basses plaines inondables de la dépression de Mompós et stations hydrologiques référencées (à droite)



On nous dépose vers 13h30. Il fait 35 degrés : choc thermique. On se dépêche de se trouver un restaurant. Pour la troisième fois en quelques jours, Coti a trouvé un restaurant qui est fermé définitivement. On se rabat donc sur notre second choix : Le café 1700. Il est installé dans une grande baraque style colonial (comme tout Mompox) face au Rio, avec un préau et des chaises a bascule, emblématiques de la ville.



D'entrée on est plongés dans la faune locale. D'abord un guide qui nous accoste et ne veut pas nous lâcher (il essaie même de nous emmener dans un autre restaurant), mais aussi plein d'oiseaux et des iguanes qui se se font dorer la pilule dans les arbres au bord de la rivière. 



Celui-ci a une petite crête en forme de pointe à l'arrière du crâne, d'après Wikipedia ça serait plutôt un lézard basilic !



Le village est très mignon avec son style colonial préservé et n'est pas sans rappeler Villa de Leyva. Mais on se rend rapidement compte que quasiment toutes les rues sont en travaux hormis les rues qui composent le centre historique. Cela diminue un peu le mythe de la ville endormie. On se dit qu'on est sans doute hors saison touristique et qu'ils préparent la ville pour Pâques, ou la Semana Santa qui est une grande fêtes pour la ville. 


On lit beaucoup sur des blogs que les Momposiens aiment se balader à vélos... on est pas tellement de cet avis !


Un ossature bambou pour la plupart des maisons


Le centre est très préservé et le style Andalou est bien présent

Arrivée à notre hôtel, tout au bout de la ville. 
On sent tout de suite que c'est vraiment pas du niveau annoncé sur le site de réservation. Ça se confirmera par la suite: toilettes bouchées, cuisine insalubre, bruits divers (notamment youtube ou un film d'action sur le téléphone, à fond pendant qu'on nous reçoit et nous explique la ville)... Mais il y a la clim et un lit confortable, c'est tout ce dont on a besoin.

On ressort un peu plus tard à la fraîche, en quête de nourriture, pas évident de trouver un restaurant avec une offre végétarienne. On finit par se poser dans un restaurant plutôt cossu, le Ambrosia.




Coti 
"Cossu" le mot est fort choisi pour ce restaurant qui n'est pas à la hauteur des notes dont le targue internet. Moi je pense qu'on évalue tout bien trop à la hausse dans cette ville.. Je suis obligée de revenir sur l'hôtel (défaut professionnel) mais Luis est bien gentil (est-il momposino lui aussi ?). On a là un mensonge sur photos. La rénovation doit dater de 2014 et on regrette d'avoir pris le moins cher (sûrement de 20€) pour être dans cet endroit. 
Enfin bon... On fera avec et on sera bientôt loin de ce trou à rats ! 
Revenons au resto.

Luis
Je décide de mon côté de tenter l'expérience de goûter le poisson local, le bagre, une sorte de poisson chat, qu'on a pu voir sur un étal lorsque notre chauffeur de bus s'est arrêté (longuement) pour en acheter.
C'est pas dégueu, mais comme souvent quand je remange du poisson ou de la viande, je trouve ça fort et je me dit que ça m'avait pas manqué. 


Le chauffeur de bus qui fait son marché (c'est pas comme si on avait déjà 2h30 de retard... ✌)

Vendredi 23 décembre 2022

Le programme du jour : aller chiller dans les rocking-chairs du café 1700 le matin, passer midi à l'hôtel pour laisser passer le pic de chaleur et partir faire une excursion en bateau dans les cienagas


Ici, si t'as pas ta rocking chair et ta moto, t'es pas un vrai et Luis veut en être !





Programme respecté scrupuleusement: on passe bien deux heures au café 1700 et on croise un guide, José, qui nous propose de se greffer à une excursion privée en bateau. Son message en résumé : "c'est une famille blindée, ils veulent pas être avec tous les toutous dans une barque blindée, mais ils veulent bien adoucir la note en en emportant 2 avec eux et je vous ai choisi pour ça, au même prix que si vous faisiez le tour non-privé"

On choisit de faire confiance à José et après un retour à l'hôtel pour chercher des affaires et se refroidir un peu, on part déjeuner des oeufs sous différentes formes chez Casa Sol de Agua (très belle surprise, un repas sur le pouce délicieux !) et on va au point de Rdv.



On est bien avec une famille Colombienne (Un couple, leur fille et leur gendre) et on sera simplement 6 sur la barcasse : confort.

A écouter pendant la lecture : El pescador - Toto la Momposina 


C'est une longue pirogue a fond plat en métal avec un hors bord, 3 bancs et de quoi s'abriter du soleil. On part assez rapidement et on va voir les iguanes, les différents oiseaux de l'autre côté de la rivière. Les guides expliquent beaucoup de choses à la famille, nous on écoute distraitement depuis l'avant. 
On suit d'abord le Rio puis on s'engouffre dans des petits réseaux, on passe par des endroit très peu profonds et étroits où j'aurais juré qu'on allait se quiller, mais ça passe vraiment partout. 



Les habitants de la cienaga


On voit toute sortes d'oiseaux pêcheurs : Martin pêcheur, aigle pêcheur, Carao, hérons blancs, Caracoleros (qui pêchent des escargots eux, facile). On croise même une famille de singes hurleurs, là haut, dans leur arbre.

Les singes sont là haut vers là où pointe le doigt (quand le sage pointe la lune, l'idiot regarde le doigt)



Puis on arrive dans la ciénaga de Pijiño. Partout, il y a des plantes flottantes, qui font des espèces de petites îles mouvantes sur le Rio et dans la cienaga.



On finit par rejoindre un pêcheur traditionnel sur sa pirogue en bois et notre guide le somme de nous montrer comment il pose son filet selon la technique de la pesca rápida
Le pêcheur dit qu'il y a pas de poisson ici, mais porqué no .. Il nous montre donc comment il accroche son petit filet à une perche qu'il plante dans la vase au fond de l'eau peu profonde puis s'éloigne avec sa pirogue et revient en remontant le filet. Aucune prise évidemment, mais maintenant on connaît la technique. Il nous gratifie ensuite chacun notre tour d'un petit tour dans sa pirogue, histoire de prendre quelques photos.


Coti 
Ce tour est une aubaine ! Déjà on a un privilège d'être si peu sur cette barque, de pouvoir s'arrêter et observer. Ce qui me fascine sont ces iguanes, il y en a des si différents, des énormes avec crêtes, goitres, ils sont si agiles alors que leur physique tend à croire l'inverse ! J'adore quand on voit leur tête bouger... pour sûrement nous dire d'aller voir ailleurs 🙈  Mais on est trop loin d'eux dans cette barque et ils sont pas faciles à repérer !


Un iguane se cache sur cette photo

Luis 
C'est déjà l'heure du retour, on revient par la même route sur le Rio et les guides s'arrêtent pour qu'on prenne des photos avec le soleil couchant. Sauf qu'on est peut être allés un peu vite et le soleil est encore plutôt haut de le ciel. Notre famille Colombienne n'allait pas laisser passer ça et ils leur demandent d'attendre un peut qu'on ait quelques couleurs. On s'amarre donc sur le côté et derrière ça sort les cervecitas, les friands à la saucisse et la fameuse musique du pescador qui se trouve être une chanson de Toto la Momposina (Toto de Mompox).

Coti
On nous propose bien sûr ces friands... Sans façon. Et la fille dit a son père en espagnol : "tu vois j'en étais sûre qu'ils étaient végétariens" ... C'est drôle cette étiquette et à la fois je me dis que c'est bien qu'on passe pour végétariens d'emblée, est ce que cela peut aider à réduire la production dans ces zones ci ? Revoir la façon de s'alimenter ? 
Aussi, le guide nous dit qu'il y a eu une inondation dans la ville pendant 21 jours, ce qui explique les travaux dans la ville, partout ! El cambio climático... 

Luis
Le soleil finit par s'approcher de l'horizon et les couleurs changent. Le spectacle est magnifique, je vous laisse apprécier les photos :





 

Le resto Casa Sol de Agua où on a déjeuné avant d'embarquer

La Plaza de Mercado

Après le retour on va dîner, sur la plaza du mercado. 
Je vois un petit papito qui installé deux chaises et s'assoit. Quelques minutes après, un gars genre aventurier, arrive avec une table et ils commencent a jouer aux échecs. Je vais regarder la partie, le petit vieux se fait rapidement éclater. Et me propose de prendre sa place. Je me fait également torcher rapidement : "No juegos con el Artiste, francese !" , dit l'aventurier. Le petit papi Gustavo me relaie pour se prendre une fessée et je refais une deuxième partie où je résiste un peu mieux mais je perd de nouveau. 



Coti
Je regarde la partie quand vient la fille d'El Artiste, elle discute super vite avec Gustavo et j'entends qu'elle est architecte à Bogotá. Elle a deux diplômes d'ailleurs, architecte d'intérieur et architecte. Elle occupe un poste au sein de la ville qui propose de répondre aux problématiques de la ville (la circulation, la culture, le patrimoine...) 
C'est très intéressant de parler avec elle et on arrive à bien se comprendre car elle est patiente quand je cherche mes mots.
On parle aussi de notre voyage, des fêtes de Noël pour lesquelles elle est ici après 2 jours sur la route en voiture depuis Bogotá... 
Et puis il est 21h, la partie de Luis est terminée, ma nouvelle copine et moi nous nous faisons la bise et puis on file ! On doit faire quelques kilomètres pour rejoindre notre piaule.
Le réveil est à 5h30. Pas question de rater le bus pour Carthagène une heure plus tard !

Commentaires

  1. Bon … le beau voyage continue … ça me fait drôle de voir Clo en dos nu !!! Et Luis tjrs en short !!!.. j’ai pas réussi à trouver les singes dans les arbres ni l’iguane au bord de l’eau… je dois changer de lunettes !! Ces fauteuils a bascule ont l’air plutôt confortables … il faudrait en rapporter !!! Stop les photos de bonnes assiettes dans vos cantines 4 étoiles 🌟… ça met trop l’eau à la bouche !! Miam miam !!.. apparemment on se régale chez les Colombiens !!! Merci pour votre carnet de voyage… j’adore ❤️💕😜Flo

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