Medellín, ville de contrastes - Colombie 🇨🇴
Luis
Le matin du départ pour Medellín, on se réveille tôt et après quelques courses on file à la gare routière pour constater que tous les bus sont pleins jusqu'a midi et demie.
On prend donc un bus pour Manizales, ce qui nous remonte au pied de Los Nevados, pour prendre de là bas un bus pour Medellín. On fait la queue au comptoir de la compagnie principale mais on voit sur un affichage une compagnie de minibus qui part plus tôt. On y va donc alléchés par les belles photos de Renault masters tout neufs et les symboles wifi. Mais la vérité est tout autre.
On arrive dans un vieux bus chargé à rabord et on s'esquiche pour rentrer à côté des personnes sur les sièges. Il y a environ 5h de trajet, mais on sait qu'il y a des travaux sur la route...
7h plus tard, on arrive à Medellín, pas bien frais, le bus nous dépose en bas de Poblado, et on décide de rejoindre l'auberge à pied, avec les gros sac a dos, on avait pas prévu que ça monte autant. On fait donc une pause dans une pizzeria pour boire un coup et manger une burrata et on repart.
La pizzeria El Zorro y la Gitana
Le quartier Poblado est le quartier touristique de Medellín, il y a de beaux restaurants et des hôtels partout et déjà pas mal de street art.
Ça manque un peu d'authenticité et c'est très bruyant, mais notre auberge est assez cool, au bord d'une petite rivière et un peu a l'écart du brouhaha.
On ressort dîner et on revient assez rapidement se poser et dormir.
Un délicieux ramen chez Veg Station
On est samedi soir les boîtes de nuit rivalisent sur la puissance de leur système son!
Dimanche 18 décembre 2022
Réveil vers 8h, la finale de la coupe du monde est à 10h et on a trouvé sur Facebook un bar rooftop d'une auberge, le Masaya, où apparemment vont se retrouver les français de Bogotá. On engouffre un petit dej et on file là bas, à 9h45 c'est déjà blindé et y'a effectivement une majorité de français, et un écran géant.
Je m'abstiendrai de commentaires sur le match, les sites spécialisés sont là pour ça. En revanche l'ambiance est dingue et on ressort de la épuisés par ce scénario incroyable. Il y a une petite piscine et une vue a 360° sur Medellín!
Coti
Pour revenir rapidement sur le match, c'est vraiment un moment particulier qu'on vit. On ressent l'ambiance française mais on va pas se mentir, le grand écran est pas super bien positionné, on voit que les 2/3 supérieurs de l'écran, pas le must pour un match de foot... ! et puis, faut bien se rappeler que je ne suis pas grande et Luis, derrière moi est un peu dans le cas où les personnes devant entachent la visibilité... les deux françaises devant moi se lèvent à chaque action alors je leur demande, par pitié, d'avoir un peu de contrôle, pour qu'on puisse en profiter, c'est limite si je me fais pas engueuler, haaaaa ces français adorés !!
En tout cas on est dedans, le stress nous prend aux tripes, la première mi-temps, les français sont claqués au sol, les argentins on la balle 90% du temps.. ils se réveillent à la 2e mi-temps, les 2 buts, c'est la remontada et on y croit... jusqu'aux tirs au but, où clairement, notre sort est déjà tout tracé.
Luis
On flâne un peu dans Poblado puis ont tombe sur un des restaurants que Coti avait repéré, Kaime, c'est un peu plus cher que d'habitude, mais honnêtement, la nourriture est délicieuse et nous permet de stabiliser nos émotions.
On flâne un peu dans Poblado puis ont tombe sur un des restaurants que Coti avait repéré, Kaime, c'est un peu plus cher que d'habitude, mais honnêtement, la nourriture est délicieuse et nous permet de stabiliser nos émotions.
On se demande ce qu'on va faire de l'après-midi et on check rapidement les free tour disponibles. Il y en a plein pour Comuna 13 mais on le fait déjà avec Jackie et Louis mardi. Au milieu il y en a un qui s'appelle "Medellín, ville de contrastes". Ça démarre a 14h30 au centre ville. Il est 14h12. On règle rapidement le restau et on commande un taxi!
On arrive à 14h40 dans une espèce de souk en dessous de l'infrastructure de la seul ligne de métro du pays. Impossible de trouver le guide et l'ambiance est pas franchement sereine. Ça zone de partout, beaucoup de personnages inquiétants du bruit partout. Il commence à pleuvoir, on se dit qu'on va aller voir la place un peu plus loin et par hasard on tombe sur le guide, Daniel, qui a déjà commencé la visite. Ouf !
On arrive à 14h40 dans une espèce de souk en dessous de l'infrastructure de la seul ligne de métro du pays. Impossible de trouver le guide et l'ambiance est pas franchement sereine. Ça zone de partout, beaucoup de personnages inquiétants du bruit partout. Il commence à pleuvoir, on se dit qu'on va aller voir la place un peu plus loin et par hasard on tombe sur le guide, Daniel, qui a déjà commencé la visite. Ouf !
Coti
La visite commence par l'histoire de la ville. Sa superficie qui à centuplé en moins de 100 ans ! Nous sommes tous sur la place du Parque Berrio et nous n'apercevont pas de monument digne d'une place érigée et se différenciant du reste de la ville, pour rappel, derrière nous les puces et le métro aérien, ensuite autour, des boutiques, une statue (Pedro Justo Berrio) et une minuscule église. On entend de la musique à fond et on voit des personnes plus âgées qui dansent, boivent de l'arguadiente : on est dimanche, pour ceux qui n'ont pas les Facebook ou autre réseau social c'est ici qu'on se rencontrent le dimanche.
Daniel nous explique qu'il y a une rue très fameuse qui jouxte l'église et nous pouvons y voir des DVD de films pornos ! Ici, rien de plus normal, ces mêmes vieilles personnes peuvent acheter leur petit péchés avant d'aller se faire pardonner à l'église et danser ensuite, sociabiliser : la sainte Trinité !
Petite anecdote encore : ceux qui ont pour travail de tirer sur des personnes lavent leur balles d'eau bénite pour viser au mieux la tête de leur victime !
On se trouve sur la plus belle des places ensuite : la place Botero. On passe en revue les différents bronze que l'artiste a donné à la ville.
Le membre se touche pour la suerte (la chance) !
Ensuite c'est le moment de prendre le chemin du Metrocable : on va monter et voir la ville depuis les hauteurs. Daniel nous raconte la vie des habitants de ces maisons faites de briques, pour certaines de bois, de cartons, qui, sous la pression des groupes rebelles a été un enfer.
Le temps de trajet entre le centre et ces maisons pouvait atteindre jusqu'à 4h avant l'arrivée de ce moyen de transport. Les forces armées rebelles imposaient un couvre-feu, ce qui rendait impossible d'aller travailler dans le centre et rentrer à temps. Il arrivait souvent que la punition en cas de non respect de cette règle la sanction était la balle. Les habitants étaient alors forces et contraints de travailler pour eux.
L'arrivée du câble et l'implantation de collèges ont permis aux habitants de s'intégrer et devenir partie prenante de la ville de Medellín et de se détacher des rebelles.
Il persiste encore aujourd'hui des actes de violence mais les politiques de transport, d'accès à la culture, d'équipements sportifs, de parcs sont des exemples de réussite et d'espoir pour ces populations.
On rentre, épuisés par ces 4h d'espagnol intensifs avec Daniel et nos 6 compagnons... Un peu comme les chiens de notre auberge !
Lundi 19 décembre 2022
Jackie et Louis sont à Medellín. On se retrouve avec Louis pour se balader dans notre quartier favori (celui des puces de St Ouen, côté boulevard ! ) où se trouve le musée d'Antioquía et la plupart des oeuvres de Botero.
2001 Viva la Muerte
Et d'autres oeuvres, telle que la Mona Lisa et cette nature morte aux oranges qui rayonne dans la pièce.
Naranjas, 1989
On a également des oeuvres de différentes biennales qui ont eu lieux dans la ville entre 1968 et 1972, ces événements ont été importants dans l'histoire de l'art latino-américain et on y trouve des oeuvres plus vieilles que les oeuvres de Botero aux étages supérieurs !
On prend le métro avec Louis, et Jackie nous retrouve autour d'une pizza chez El Zorro y la Gitana , notre pizzeria préférée !
Mardi 20 décembre 2022
Réveil dans notre hôtel, plus excentré, moins bien insonorisé aussi que notre précédente auberge (on a eu droit à des passionnés de télé dans la chambre d'à côté !)
On doit passer à la gare routière car réserver des bus en ligne se révèle assez compliqué, ça nous prend màs o menos 1h30 mais maintenant on est des habitués du métro alors on évite tous le traffico des voitures !
Une fois que c'est plié on arrive à San Antonio où nous retrouvent la pareja. On veut visiter la Comuna 13, le quartier de Medellín réputé pour son art de rue sous toutes les formes, graffitis, rap, danse...
On se met en chemin pour trouver un guide quand on tombe nez à nez avec Diego, un homme à la joie de vivre qui se lit sur son énorme sourire. Il nous propose un deal intéressant pour monter à la comuna 13 et nous dit "Soy más famoso allá que el hambre!" (Traduction "je suis aussi connu la bas que la faim") ! Et on comprend pourquoi une fois la haut !
Il nous amène partout et nous raconte l'histoire de quelques graffitis, nous propose un show de freestyle, on est aux premières loges.
C'est l'autoroute mais on arrive à se faufiler avec lui dans les rues plus calmes de la Comuna -la réalité- et voir que ce développement (intensif peut être) permet à beaucoup des personnes ici de vivre d'une activité plus sûre, plus stable aussi que lors du règne des forces armées.
On goûte aussi à du bon café, une glace de fruits, la crema, de la bière au CBD aussi !
Diego prend des photos. Il est aussi photographe et très talentueux. Un dernier show : un peu de hip-hop (BigUp le club des 8, et à nos moult années de danse debout ✊ ) . On se régale de tant de talent.
Un super moment avant de se quitter et de souhaiter bon vent à Louis et Jackie avant de se retrouver à nouveau mais cette fois ci à Carthagène !
On file récupérer nos affaires à l'hôtel puis on se trouve un bus qui nous amène à Guatape.
Luis
Je me permets une petite réflexion après les visites guidées qu'on a fait à Medellín. Comme abordé plus haut, certains quartiers de Medellín sont portés en exemple d'une transformation rapide et durable. Je crois reconnaître après presque 3 semaines ici cet attrait pour les belles histoires chez beaucoup des Colombien.
La Comuna 13 a fait l'objet d'un grand raid militaire et d'une occupation mais on raconte surtout que c'est le street art qui a transformé le quartier. Les autres barrios plus haut sur les montagnes ont été désenclavés grâce aux téléphériques, et on passe assez rapidement sur le fait qu'il a fallu négocier et parfois payer les groupes rebelles pour pouvoir les construire.
L'avantage de ces beaux récits c'est qu'ils peuvent plus facilement résonner au sein du peuple et se communiquer avec tout ce qu'ils contiennent de positif aux visiteurs. C'est une belle façon d'unir les habitants derrière des valeurs communes qui permettent au final d'assurer que les transformations opérées subsistent dans le temps. Cette importance des nouveaux récits se retrouve dans toutes les luttes de transformation.
Je pense qu'il est grand temps de trouver et d'amplifier de nouveaux récits pour alimenter la transformation de nos sociétés occidentales vers des modèles moins prédateurs des femmes, des hommes, du vivant et des ressources naturelles.




Comme je suis contente de vous lire mes chers anciens voisins… oui Luis a raison… il faudrait sans doute imaginer d’autres façons de penser …. Mais l’humanité évolue très lentement… on avance ! C’est le principal ! Vos photos sont superbes ! À chaque pizzeria je me dis que le décor est top ( un vélo accroché au mur !)… vous voyez et vivez qq chose de très fort … merci de nous en faire part !! À propos de Medellín… quand Barbet Shroder y a fait un film il y a 20 ans … son assistant real (que je connais et qui est top) n’a pas pu rester… trop de peur, de risques, d’inquiétude… il a pris un avion pour rentrer en France et n’est jamais retourné… merci à vous pour votre carnet de voyage…bisous et joyeux Noël 🎄 Flo
RépondreSupprimerJe me régale je me régale à vous lire.C'est pationnant tous ces récits et réflexions.
SupprimerAbrazos mes chers voyageurs.