Lundi 12 décembre 2022
Coti
Salento
On se lève à 6h30 pour le rendez-vous chez
Paramo Trek, où nous attend Santiago, notre guide pour les 3 prochains jours. On prend un petit déjeuner rapide et on file chercher nos amis hollandais pour faire un peu de route et arriver au pied de la vallée de Cocora.
Quelques formalités administratives pour Santiago et on part, chaussés de nos bottes en caoutchouc ! On marche quelques mètres et c'est déjà la gadoue.
Ici, c'est une portion "facile"
On croise des mules qui vont des fermes les plus reculées (25km) au pied de la vallée chargées et se frayant leur route tant bien que mal. Parfois stimulées à coup de bâton... 😪
Cette photo de reflète pas la réalité et la beauté de la roche qu'on rencontre sous nos pieds à chaque pas: reflets argentés, irisés, verts, ça me fait penser à l'intérieur d'une huître !
Le guide, qui à un sac à dos de 80L sur le dos. Luis en a un de 35L, moi de 10L. Je suis admirative, si on additionne la lourdeur des sacs et la boue, le combo est sacrément sportif.
On est proche de la vérité avec cette photo : ça monte raide comme ça la plupart du temps.
On ajoute des épisodes de pluie pour rendre l'expérience plus mémorable ! Le sourire est toujours là car on avance d'un pas dynamique malgré les em-boue-ches !
La végétation autour de nous est dense, c'est la forêt partout, et puis ça se dégage. On aperçoit les montagnes des Nevados.
On déjeune sous un arbre, la pluie s'est calmée. Petite galette de lentilles, riz et légumes. On a aussi été gâtés en snacks divers. Ça nous permet de faire des petits shots d'énergie et ne pas ressentir la fatigue.
On traverse des courants...
.. et même des vallées à 45° !
On traverse des petits courants oranges avec le souffre qui se trouve dans les roches.
On a très bien marché, pas loin de 14km, moins de 6h de marche, et 1300m de dénivelé, quand on arrive à la première finca qui nous accueille, vers 16h30. On se pose sur une petite table, un thé de coca est le bienvenue pour calmer nos esprits et nos cerveaux qui cognent un peu les parois avec l'altitude. On est à 3300m d'altitude.
On apprend qu'un groupe de 20 randonneurs arrivent dans la finca. On file vite a la douche chaude mais la température extérieure a chuté et on se les gèle encore plus après ça ! On est totalement vidés alors une soupe de pomme de terre avec des pâtes alphabet, du riz et on se met sous nos 5 couvertures, prêts à dormir.. il est 19h !
Luis
Personnellement, je choisis de rester dans mon jus quand je vois les autres sortir de la douche. Je me change quand même pour laisser sécher mes vêtements, mais la douche attendra. En plus, le guide se lave pas lui, et moi, je fais tout comme le guide 😌.

La ferme
Mardi 13 décembre 2022
6h Au réveil c'est fruits frais, kiwis, pomme et uchuvas, suivie d'une soupe de pomme de terre (une première pour nous quatre au petit dej) et du riz, des oeufs. On apprend par la suite que la femme qui tient la ferme est absente. Les hommes (son mari et les guides) sont alors aux commandes, ça explique un peu le menu matinal 😅
On discute un peu et ça packe, on veut pas trainer et arriver voir le Páramo !
Le Páramo c'est l'écosystème qui se trouve au dessus de 3200m d'altitude, dans la cordillère des Andes, entre forêt et neige éternelle. Cet écosystème est très endémique, adapté à un climat et une pression atmosphérique spécifiques. On va y trouver des frailejones. (Avec ce lien, on peut entendre la prononciation ! )
Les frailejones
Le frailejone, c'est un arbre particulier qu'on trouve dans le Páramo. Sa fonction principale est d'améliorer l'écosystème, car à travers les "poils" qu'il a sur ses feuilles, il absorbe l'humidité de la brume et la libère à travers ses racines en cas de sécheresse, c'est-à-dire qu'il produit de l'eau qui va circuler dans les ruisseaux et les rivières. Et il filtre si bien l'eau qu'elle peut être consommée par les humains.
Un frailejone en fleur (on dirait des minis tournesols)
En Colombie, il existe 90 espèces de frailejones, mais plus de la moitié sont en danger d'extinction en raison de l'agriculture et de la présence de bétail.
L'une des caractéristiques du frailejón qui le rend vulnérable est sa croissance : de 1 cm à 2,5 cm par an. Cela signifie qu'il peut falloir jusqu'à 100 ans pour obtenir une plante d'un mètre de haut.
Contents (mais on est pas encore au pic qu'on souhaite atteindre) !
Dans cet écosystème on trouve des petits champignons roses !
Des plantes qui se dressent comme des suricates et d'autres qui ressemblent à des nénuphars
Devant le premier pic qu'on montera après la pause dej : 4200m
Le pic de 4200m à droite, celui de 4400m à gauche, dans les nuages
La tablette chocolat au lait cacahuète que Santi nous offre à 4200m
On est heureux
De la mousse rouge ! On se croirait presque en Bretagne au bord de l'eau avec les algues de là bas !
Des frailejones par milliers...
Un mini monde sous ce grand caillou où nous sommes !
Comme on a été assez rapides, Santi nous propose un petit bonus et d'aller jusqu'au pic juste à côté. On continue l'ascension, dans 200m on est arrivés mais la respiration se fait plus difficile, le pas moins rapide tandis que Santi nous devance. Ca nous permet aussi de nous stimuler. On y est bientôt !
Les nuages se font plus denses, on sait qu'on aura pas une magnifique vue mais peu importe !
On voit Santi, le point rouge tout tout en haut dans la brume !
Santi capte enfin le réseau
Luis
Comme vous pourrez le constater, on a un peu triché pour aller au sommet: on a laissé nos sacs au col.
On les retrouve en redescendant ainsi qu'un peu de soleil et on sort le pic-nic.
Un régal ce wrap!
Et c'est reparti de l'autre côté du col, à partir de là c'est quasi que de la descente. Et toujours des frailejones. Ca glisse pas mal, mais les bâtons de marche sont super utiles pour ça, on a des bonnes sensations de glisse et j'ai une pensée émue pour ceux d'entre vous qui vont aller au ski cet hiver.
On fait halte à la finca Berlin pour se recharger : aguapanela, queso et petits gâteaux
Puis on quitte progressivement le
paramo et on retrouve une végétation plus verte et un chemin plus boueux.
On traverse quelques fermes donc 4 sont appelées "
Las Secretas".
Coti
On finit par arriver à Jordan, où nous sommes les seuls, entourés de 4 ou 5 cascades, c'est la ferme la plus jolie qu'on ait vu, la plus reculée aussi.
Je montre la cascade au loin
La femme est adorable, après une douche rapide, même pour Luis, quelques parties de la "Viuda", le jeu qu'Alejandro nous a appris, on peut entrer se blottir au coin du fourneau où elle oeuvre pour notre dîner.
Elle nous fait une viande végétale connue ici : Carve
Le bilan de cette journée : 18km, 1000m de dénivelé, en 7h30
Mercredi 14 décembre 2022
Luis
La nuit a été difficile pour moi, les lits sont très creusés, et comme je dors préférentiellement sur le dos (maintenant vous le saurez), mes jambes se trouvent en porte-à-faux au niveau de genoux ce qui m'oblige à changer de position assez régulièrement. Le réveil est presque un soulagement après cet enchaînement de power-naps.
Le feu qui sort déjà de la maison à 5h30
Notre cabanon et la cascade en arrière plan

Un bon petit déjeuner et on repart pour la descente. On commence par la forêt andine et progressivement on rejoint la jungle. On voit pas mal d'oiseaux, même s'ils sont assez forts pour se cacher, et on croise un tatou mort également, dont on a pas de photo car on n'a pas souhaité s'attarder à ses côtés.

La descente qui commence
Tout le long nous suivons le rio Otùn, qui collecte via de multiples cascades les eaux du paramo. C'est un torrent impétueux et le bruit de ses remous nous suivra jusqu'à l'arrivée. On sent que c'est le dernier jour, on marche un peu plus vite et on fait moins de pauses (ce n'est que de la descente, et nous quittons donc les altitudes inhospitalières). On commence à avoir un peu mal aux pieds dans les bottes en caoutchouc.
Le ciel bleu nous accompagne enfin
L'immensité des arbres et Santiago si petit au milieu
On refait le parcours de ces trois jours !
Xtrem
Recto
On finit par arriver au parking de l'entrée de la reserve naturelle Quimbaya d'Otùn, où nous attend un déjeuner digne de ce nom !
Le bilan de cette matinée : 16km, 35m de dénivelé (que de la descente), en 5h. Pas mal du tout !
Arrive ensuite un 4x4 pour nous ramener jusqu'à Pereira, où un bus de Salento doit nous amener nos sacs de voyage. Le bus arrive 2h après nous et il se trouve qu'on est pile poil à l'heure pour regarder le match France-Maroc de la demi-finale de la coupe du monde. On fait la moitié dans un café où, on boit des bières avec Santiago et on dit au-revoir à nos amis Néerlandais, puis il faut courir trouver nos sacs dans la gare routière et restituer tout le matériel loué. On regarde la fin du match entouré de gens très gentils en chemise qui sont très intéressés par nous. Des témoins de Jéhovah. Ils sont vraiment partout !
Coti
Durant le match, un des témoins nous glisse sa carte de visite, on sait jamais... encore un Santiago tiens !
Le match plié on est prêt à prendre un taxi et aller poser nos sacs à l'hôtel. On dîne et c'est salade avec un max de légumes, ce qui nous aura le plus manqué ces derniers jours ! Le riz c'est fini pour mon ventre, 3 jours c'est trop rude.
20h tomber de rideau !
Merci 🙏 merci 🤩… vous êtes méritants ! Non seulement vous grimpez très haut, très charges et tout… mais en plus vous faites des photos, écrivez, décrivez, partagez … vous êtes mes Champions !! … quand on dit : charge comme une mule, c’est bien vrai !! Incroyable cette nature… qui pense à tout : mettre des poils sur les feuilles pour arroser les racines !!.. Berlin, a vrai dire , je voyais pas ça comme ça !!! 😂… Clotilde, petite poupée, tu es drôlement résistante !! Bravo de Flo !
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